ORWELL – Parcelle brillante

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On aurait pu penser qu’avec un tel nom, Orwell était un musicien né ou ayant fondé son groupe en 1984. Il n’en est rien mais le pseudonyme n’est pas anodin. Jérôme Didelot, originaire de Nancy, est en effet un fan de science-fiction, doublé d’un fin musicien. Depuis une vingtaine d’années, il compose de la musique pop qu’il publie sous le nom d’Orwell, tout en se consacrant également à la promotion de la science-fiction, une très noble cause. Récemment, il a coordonné la publication d’un magazine spécial consacré à Théodore Sturgeon, écrivain de science-fiction à qui l’on doit des livres comme ʺCristal qui songeʺ (un roman extraordinaire et passionnant, que je vous recommande) ou ʺLes plus qu’humainsʺ, également très bien. Cet auteur de l’âge d’or des années 50 a tendance à être un peu oublié aujourd’hui et c’est une grande injustice que Jérôme Didelot a eu la bonne idée de réparer. Théodore Sturgeon est également l’auteur d’une nouvelle intitulée ʺParcelle brillanteʺ (ʺBright segmentʺ, en anglais). C’est tout naturellement que Jérôme Didelot a repris ce titre pour son septième album, qui nous livre pour le même prix deux références à des auteurs incontournables : George Orwell et Théodore Sturgeon.

Les chansons qui sillonnent cet album ʺParcelle brillanteʺ sont des clins d’œil à la science-fiction de Théodore Sturgeon mais le ton pop rêveur et délicat qui les caractérise entre en quelque sorte en contradiction avec l’esprit de la SF, pour lequel on aurait plutôt vu du heavy metal futuriste ou du rock gothique de laboratoire. Ici, les mélodies feutrées et aériennes trouvent davantage leurs racines chez Stereolab, High Llamas, Yo La Tengo ou Etienne Daho que chez Blue Öyster Cult, Hawkwind ou Fields Of The Nephilim. Mais c’est comme ça et dans cet exercice, Orwell s’en tire très bien. De l’introduction instrumentale à la John Barry (ʺDérivationʺ) en passant par les rythmiques dansantes de ʺJamais assezʺ, les interrogations philosophiques de ʺPourquoi savoir ?ʺ, la tendresse inquiétante de ʺLes mains de Biancaʺ, les pulsions entraînantes de ʺLes ondesʺ, la douceur caribéenne de ʺRien ne pourra me rendre sageʺ, le duo avec Sugar Me sur ʺImmatureʺ ou le psychédélisme céleste de ʺDors encoreʺ, cette collection de chansons bien écrites et pertinentes est un joli voyage dans une pop indie cotonneuse et délicate. Conclusion : relisez Orwell (et Sturgeon), écoutez Orwell, ça ne peut pas faire de mal.

Le groupe :

Jérôme Didelot (chant, guitare, piano, basse, chœurs)
Jacques Tellitocci (percussion, marimba, vibraphone, chœurs)
Renaldo Greco (flute, piano, chœurs)
Emmanuel Harang (basse, contrebasse)
Régis Nesti (batterie)
Sarah Tanguy (violoncelle)
Mathilde Legée (violons)

L’album :

ʺDérivationʺ (4:16)
ʺJamais assezʺ (4:27)
ʺPourquoi savoir ? ʺ (3:04)
ʺLes mains de Biancaʺ (3:19)
ʺLes ondesʺ (4:18)
ʺLoneʺ (4:30)
ʺRien ne pourra me rendre sageʺ (3:22)
ʺImmatureʺ (3:42)
ʺL’être en toiʺ (3:46)
ʺParcelle brillanteʺ (3:25)
ʺDors encoreʺ (3’26)

https://hotpumarecords.bandcamp.com/album/parcelle-brillante
https://www.facebook.com/orwellfrenchband/

Pays: FR
Hot Puma Records
Sortie: 2020/04/24

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