RACE, Hugo – Dishee

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Il n’aura échappé à personne que le confinement mondial a eu des répercussions sur les habitudes, l’emploi du temps, les méthodes de travail et même l’inspiration de nombreux musiciens et artistes. Hugo Race en est un bel exemple, avec ce nouveau disque qui tranche littéralement avec ce que l’Australien a réalisé en plus de trente ans de carrière.

Hugo Race, qui avait l’habitude de parcourir le monde dans tous les sens en avion, en train ou en vélo-taxi, de se retrouver aux quatre coins de la Terre pour monter des projets avec d’autres compositeurs, se retrouve coincé chez lui à Melbourne un beau matin de mars 2020. Il serait hors de question d’abandonner la création musicale pour de bêtes histoires de pandémie mondiale. Privé de billets d’avion, Hugo Race entreprend alors un voyage intérieur, étudie de vieilles techniques de méditation orientale et découvre le Dishee, un terme sanskrit qui illustre le pouvoir de chasser les démons par la magie des mots.

Hugo Race entreprend alors d’exorciser son âme, de se refaire une nouvelle vie spirituelle en s’aventurant musicalement dans la méditation transcendantale. Seul chez lui, il attend la tombée de la nuit pour composer cette suite de cinq morceaux qui nous emmènent dans un voyage au centre de l’esprit, comme diraient les Amboy Dukes (ʺJourney to the center of the mindʺ, 1968, révisez vos classiques).

ʺDisheeʺ rompt avec tout ce qu’on pouvait imaginer de l’œuvre d’Hugo Race. L’ancien compagnon de route de Nick Cave est arrivé ici à un carrefour où il va prendre la route la plus aventureuse, la plus méditative, la plus cosmique pour nous plonger dans une atmosphère de rythmes ralentis à l’extrême, d’atonalité en lévitation, de nappes brumeuses et flottantes, où il ne fait qu’ânonner des sons feutrés avec sa voix, au milieu d’une myriade de sons de cloches (tibétaines, sans doute), de réverbération et d’effets d’échos. C’est le genre de chose à écouter effectivement en pleine nuit, assis en tailleur sur un tapis indien, avec un bon shilom au bord des lèvres.

Finalement, le Dishee a réussi à tuer des démons nouveau-nés qui s’approchaient doucement du mental d’Hugo Race. C’est ce qu’il raconte sur la page Bandcamp de ce nouvel album. Je ne sais pas si nous sommes actuellement menacés par des démons orientaux ou himalayens mais je peux vous dire que cet album est une expérience forte, qui renvoie aux bizarreries psychédéliques que certains groupes des années 60 aimaient à explorer (Beaver & Krause, Harumi, par exemple). À essayer si vous voulez tutoyer les étoiles et chatouiller les doigts de pieds du grand Architecte de l’univers.

Le groupe :

Hugo Race (tout)
Virginia Alexander (gong, sur ʺAkaalʺ)

L’album :

ʺSo Hungʺ (07:33)
ʺiAmUrʺ (05:41)
ʺFOAʺ (03:58)
ʺAkaalʺ (15:18)
ʺBlue Pearlʺ (08:59)

https://hugoracesolo.bandcamp.com/album/dishee
https://www.facebook.com/hugo.race

Pays: AU
Gusstaff Records
Sortie: 2021/06/08

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