Lokerse Feesten 2022 : Just say yes !

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Marquée par une programmation plus disparate que la veille, notre deuxième soirée aux Lokerse Feesten a tenu toutes ses promesses. Entre pop rêveuse, boogie à barbe, indie rock US et hymnes intemporels, il y en a eu pour tous les goûts.

Une soirée qui commençait exactement sur les mêmes bases que la précédente, à savoir un soleil de plomb qui envoyait ses derniers rayons puissants en direction d’un groupe belge. Mais contrairement à ceux de Whispering Sons qui avaient l’air de gérer la situation, les membres de Portland ont eu un peu plus de mal. Des gouttes de sueur perlaient en effet littéralement sur les visages de Jente Pironet et de Sarah Pepels, cette dernière n’hésitant pas à se réfugier dans les backstages dès que sa présence n’était pas indispensable. Le public, lui, avait plus de chance car des brumisateurs géants avaient été installés du côté gauche de la scène.

« Your Colours Will Stain » datant déjà de 2019, on s’attendait à découvrir quelques nouveaux titres et la direction de ceux-ci s’avère plus musclée, sans doute grâce à l’adjonction d’un second guitariste. Mais que les puristes se rassurent, les mélodies délicates font toujours bien partie de l’équation, comme les versions de « Killer’s Mind » et d’« Aftermath » le démontreront. Au rayon curiosités, c’est une cover de De Mens (« Ergens Onderweg ») chantée en anglais qui fera sensation en toute fin de set avant un « Pouring Rain » tellement énergique que les haut-parleurs en façade se mettront en mode sécurité. Résultat, un set (légèrement) écourté et des remerciements inaudibles…

Lorsque Seasick Steve a pris possession de la scène, avouons que l’on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Voir débarquer un septuagénaire en jeans crado raffistolé, chemise de bûcheron et barbe blanche a de quoi surprendre. Ajoutez-y des guitares bricolées à partir de plaques de bagnole, de canettes ou autres matériaux de récupération tout en utilisant un vulgaire bout de ficelle en guise de sangle et vous obtenez un tableau tout à fait atypique pour un festival en 2022. Mais lorsque le gaillard étale sa dextérité, il force ni plus ni moins l’admiration.

Accompagné de son binôme Crazy Dan à la batterie, il se balade dans un répertoire hors du temps, certes, mais jamais désuet malgré des riffs et une rythmique somme toute assez classiques renvoyant par moments vers le ZZ Top de « La Grange ». Ou, plus proche de nous, Black Box Revelation avec qui il a d’ailleurs collaboré. Sa recette ? Spontanéité, authenticité et sens d’humour aiguisé. Charmeur, il descendra dans le public choisir une demoiselle qu’il ramènera sur scène pour lui chanter un « Walkin’ Man » droit dans les yeux.

Il en profitera également pour faire la promo de son futur album à venir en septembre et baptisé « Only On Vinyl ». Comme son titre l‘indique, il ne sortira que dans son format de prédilection et ne sera disponible nulle part ailleurs, pas même sur les plateformes de streaming. Suicide commercial ? Cela ne l’effraie pas. N’oublions pas que sa popularité est arrivée presque par hasard, à un âge où certains envisagent de prendre leur prépension. Et à l’écoute de « Soul Food », on encourage tout de même ceux qui n’ont pas (plus) de platine, à en faire l’investissement ou à dépoussiérer celle qui traîne dans le grenier. Quand on vous dit que ce type n’est pas comme les autres. Une chose est sûre, il ne laisse personne indifférent…

Par la suite, la soirée allait retrouver sa lointaine similitude avec celle de la veille. En effet, Afghan Whigs, comme les Vaccines, ne se sont pas posés de question et ont mitraillé à tout va pendant les soixante minutes d’un set sans temps mort et quasi sans respiration entre les morceaux. La bande à Greg Dulli est (enfin) de retour avec une nouvelle plaque à paraître le 9 septembre, « How Do You Burn? » qui, à l‘écoute des deux extraits avant-coureurs joués ce soir, renoue avec la fougue qui les caractérisaient dans les années 90.

Si le leader désormais barbu et grisonnant semble avoir physiquement laissé des plumes au cours de la pandémie, sa voix reste une arme redoutable. Qu’il s’agisse de donner le tempo (« Oriole »), de rugir (« Gentlemen ») ou d’adoucir les angles (le fantastique « Algiers »), elle se marie parfaitement à un environnement construit sur-mesure. Et l’énergie dégagée par l’ensemble du groupe donne le tournis. Petit bémol toutefois concernant l’ingénieur du son qui mettra une bonne demi-heure avant de trouver le bon équilibre.

Les fans de la première heure auraient sans doute préféré davantage de titres de cette période (« Debonair » en guise de cerise sur le gâteau ?) mais l’équilibre avec les deux albums publiés depuis leur reformation en 2011 n’a peut-être jamais été aussi pertinent. Puis n’oublions pas que l’ami Greg adore surprendre son auditoire et ne va dès lors pas hésiter à jouer un extrait de son effort solo (« The Tide ») ou à mixer « Into The Floor » avec quelques mesures du « There Is A Light That Never Goes Out » des Smiths. Les préventes pour leur concert à De Roma le 2 novembre se sont envolées après leur prestation aux Lokerse Feesten, ce n’est sans doute pas un hasard…

Après ce set net et sans bavure, les Écossais de Snow Patrol se trouvaient dans la même position que les Kings Of Leon le jour précédent. Mais contrairement à la famille Followill, ils s’apprêtaient à donner une prestation basée sur le cœur et l’âme. Il est vrai que peu importe les circonstances, Gary Lightbody semble toujours heureux d’être là, une impression accentuée par un sourire radieux et communicatif. Cheveux au vent, on ne voit que lui malgré un dispositif lumineux particulièrement impressionnant qui voit notamment le logo du groupe (le fameux flocon de neige) décliné à foison.

Cela n’empêchera pas le public d’admirer par à-coups la super pleine lune en devenir à droite de l’écran géant. Une association magique sur « Chasing Cars » tempérée toutefois par un karaoké géant comme celui réservé à « Sex On Fire » vingt-quatre heures plus tôt. À ce sujet, d’un point de vue set-list, on ne peut pas dire qu’ils aient pris des risques insensés. Mis à part une poignée d’extraits de « Wildness », leur dernier album datant de 2018 (dont un allongé et visuellement documenté « Life On Earth » et un « Heal Me » au visuel presque digne d’un concours Eurovision), ils ont plutôt officié dans leur zone de confort et balancé les hits (un toujours aussi efficace « Run », un délicat « Set The Fire To The Third Bar », un « Open Your Eyes » en crescendo).

Enjoué, le leader n’hésitera pas à travailler le public en lui faisant chanter de plus en plus fort le break de « Shut Your Eyes » ou, encore plus cliché, d’illuminer les smartphones (visiblement, les briquets, c’est dépassé…) lors du premier titre du rappel, « What If This Is All The Love You Ever Get? » au piano. Juste avant, une version musclée de « You’re All I Have » prendra tout le monde de court. Et juste après, « Just Say Yes », mettra déjà un terme à une prestation sans surprise, mais humaine et chaleureuse.

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