LOYFT – Pampa sessions

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Il n’y a pas que dans le désert californien que l’on pratique le stoner rock, est-il besoin de le rappeler. Le rock lourd directement issu de l’esprit opiacé des années 70 s’est répandu dans le monde entier depuis son apparition au milieu des années 1990. L’Allemagne n’est pas épargnée et elle peut d’ailleurs compter sur quelques solides pionniers du genre, comme les inaltérables chevelus de Colour Haze, par exemple. Depuis, d’autres combos ont défendu les couleurs du stoner outre-Rhin, comme les excellents Coogan’s Bluff, les spationautes de Black Space Riders, les hindouistes de My Sleeping Karma ou les désormais fameux cultistes barbus de Kadavar. Du côté de la nouvelle génération des groupes teutons, on peut citer Katortz, Grand Massive, Lost To Wolves (un premier EP en 2020) ou ce groupe Loyft, apparu en janvier 2015 dans la petite commune d’Itzehoe, au nord de Hambourg, dans le Schleswig-Holstein.

Malte (guitare), Felix (guitare), Stefano (basse) et Mark (batterie) sortent en octobre 2017 un premier album ʺRage of the hedgehogʺ, rassemblement de huit titres où ils font déjà preuve d’une belle maitrise de la question stoner, avec un style hérité de Kyuss, Queens Of The Stone Age première époque (ʺPurple birdʺ), Truckfighters (ʺThe invisible suittrainʺ) ou Greenleaf. Son deuxième album ʺPampa sessionsʺ connaît une petite évolution avec une orientation un peu plus bluesy, moins de morceaux mais avec des durées en moyenne plus longues.

Le groupe attaque d’office dans le blues-rock caillouteux et énervé sur ʺMountain menʺ, petite mise en jambes qui rappelle les figures de style de Five Horse Johnson ou Fireball Ministry. Cette approche sudiste des choses continue sur le costaud ʺParents and saviorsʺ qui donne l’occasion aux musiciens de se livrer à quelques joutes électriques hautement sympathiques. Les mêmes acrobaties rythmiques et solos de guitares enlevés restent de mise sur ʺThe worlds golden ageʺ, un morceau démarrant par une phase instrumentale pêchue pour bifurquer ensuite vers des atmosphères plus heavy psych. C’est une sorte de lien de transition avec la seconde partie de l’album, plus dense et riche en titres plus longs, comme l’impeccable ʺPiotrakovʺ de près de onze minutes, déambulant dans une longue jam de guitares où effets fuzz et wha-wha se partagent l’univers sonore. C’est le grand moment de cet album, entièrement absorbé dans le psychédélisme lourd des années 70 (Mountain, Josefus, Grand Funk). Après ceci, pouvons-nous aller nous coucher ? Que nenni ! Loyft nous sert encore deux petits desserts avec une suite logique de ʺPiotrakovʺ (ʺThe marriage of heaven and hellʺ, neuf minutes d’errance lysergique sous un soleil de plomb alternant avec des accélérations pleines de bravoure) et un mid-tempo goulument sabbathien d’un imposante lourdeur (ʺMegatherium risingʺ).

Certes, Loyft ne fera certainement jamais la fermeture du Graspop en vedette le dimanche soir, mais il gagne à être connu pour son talent à continuer l’héritage du stoner classique et son dynamisme communicatif. Pas de Graspop, certes, mais on le verrait bien un de ces jours en train de nous enchanter les oreilles à un prochain festival DesertFest à Anvers.

Le groupe :

Malte (guitare)
Felix (guitare)
Stefano (basse)
Mark (batterie)

L’album :

ʺMountain Menʺ 5:48
ʺParents and Saviorsʺ 5:13
ʺThe Worlds Golden Ageʺ 4:58
ʺPiotrakovʺ 10:51
ʺThe Marriage of Heaven and Hellʺ 8:51
ʺMegatherium Risingʺ 5:42

https://loyft.bandcamp.com/album/pampa-sessions
https://www.facebook.com/loyft69/?ref=page_internal

Pays: DE
Autoproduction
Sortie: 2020/11/19

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