NIGHT RANGER – ATBPO

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Alors, les jeunes, vous ne seriez pas vaches avec les vieux, des fois? Parce que si vous voulez jouer les plaisantins avec les cheveux blancs, les sexagénaires vont sauter de leur fauteuil pour venir vous botter les fesses à coups de pantoufles. C’est d’ailleurs ce qu’ont décidé de faire les hommes de Night Ranger, qui viennent de balancer à la figure du monde un nouvel album qui est une véritable cure de jouvence électrique.

Night Ranger… Il y a des types qui tombent les deux genoux à terre, la bouche bée, rien qu’en entendant ce nom. C’était la grande époque des années 80, les tignasses peroxydées, les foulards et les dentelles coulant le long des micros, les Spandex moules-burnes qui laissaient même deviner la religion et toute la folie du hair metal pour petits poseurs qui frimaient en Cadillac sur le Sunset Strip de Los Angeles. Mais au milieu de ce merdier, les gens de Night Ranger avaient quand même une autre tenue. Formé en 1979 à San Francisco, le groupe arrive à temps en 1982 avec son premier album ʺDawn patrolʺ pour s’établir comme parrain du hair metal, avant que les caricaturaux Mötley Crüe, Warrant, Bullet, Poison, Faster Pussycat, White Lion et autres Cinderella ne viennent tout éclabousser avec des tonnes de fard à paupières. Night Ranger, c’est la classe et avant tout du rock costaud, qui déleste les porte-monnaie des fans américains, qui vont placer les cinq premiers albums dans les hautes sphères du Billboard 200, avec une pointe à la dixième place pour le mythique ʺ7 wishesʺ en 1985.

Puis les années 80 passent, tout comme la mode du hair metal. Night Ranger termine son contrat avec MCA et se sépare en 1989, revenant cependant bien vite en 1991, avec toujours les fondateurs Brad Gillis (guitare) et Kelly Keagy (batterie et chant). Jack Blades (chant et basse), autre fondateur, ne revient qu’en 1996, après un album de reformation en 1995 avec le bassiste chanteur Gary Noon. Les autres membres originaux Jeff Watson (guitare rythmique et chœurs) et Alan Fitzgerald (claviers et chœurs) reviennent en 1997 pour les albums ʺNeverlandʺ et ʺSevenʺ (1998). Jeff Watson reste jusqu’en 2007 alors que le poste de claviériste va connaître quelques changements de personnel. 2007 est justement l’année où Night Ranger signe chez Frontiers, ce qui va stabiliser les choses au moment où Eric Levy (claviers) et Kerry Keli (guitare) arrivent, respectivement en 2011 et 2015 (après que la guitare a également été assumée par le grand Joel Hoekstra de Whitesnake).

Depuis lors, Night Ranger semble être sur une bonne piste, comme on a pu en juger avec le dernier album ʺDon’t let upʺ paru en 2017. Mais avec ʺATBPOʺ, ce n’est plus la bonne forme, c’est la très grande forme qui est venue se mettre de la partie. À respectivement 64, 67 et 68 ans, Brad Gillis, Jack Blades et Kelly Keagy pètent le feu, sont inarrêtables et aplatissent tout sur leur passage. Le titre de l’album paraît mystérieux mais il signifie en fait ʺAnd the band plays onʺ. Et pour ce qui est de jouer, ça joue. Brad Gillis et ses acolytes nous ont sorti le service des grands jours avec une roborative collection de titres électrifiés jusqu’à la gueule. Ça claque, ça fouette et ça gifle au cours des formidables ʺComing for youʺ, ʺBring it all to meʺ, ʺBreak outʺ et ʺHard to make it easyʺ qui ont la charge d’ouvrir l’album en mode rock ‘n roll total et décomplexé.

Après cette solide préparation d’artillerie de marine, nos lascars de Night Ranger posent les flingues, le temps de nous sortir une petit ballade hard FM californienne dont ils ont le secret (ʺCan’t afford a heroʺ). Et même là, on garde son béret à la main en signe de respect. On s’ébroue à nouveau les articulations avec l’excellent ʺCold as Decemberʺ qui nous place entre les tympans un riff à cinq notes susceptible de faire date. Nos vénérables rockers recréent l’esprit années 80 avec le gros binaire kissien ʺDanceʺ avant de refaire une petite pause ballade sur ʺThe hardest roadʺ. Il faut bien reposer le cœur de temps en temps… Mais promis, à partir de ʺMonkeyʺ, plus de ballade, on repart en mode massacre de la Saint-Valentin sur la dernière partie d’album qui envoie encore des séances d’électrocution corsée avec le tapageur ʺA lucky manʺ ou un pimpant ʺTomorrowʺ mélodique qui gagne à la fois au grattage et au tirage.

Institution reconnue et respectée aux États-Unis, Night Ranger a moins frappé l’inconscient collectif en Europe. Il serait temps de s’y mettre, surtout avec cet impeccable album dépourvu de défauts et débordant d’énergie. Foncez dessus !

Le groupe :

Jack Blades (chant et basse)
Kelly Keagy (batterie et chant)
Brad Gillis (guitare)
Eric Levy (claviers)
Keri Kelli (guitare)

L’album :

ʺComing for Youʺ
ʺBring It All Home to Meʺ
ʺBreakoutʺ
ʺHard to Make It Easyʺ
ʺCan’t Afford a Heroʺ
ʺCold As Decemberʺ
ʺDanceʺ
ʺThe Hardest Roadʺ
ʺMonkeyʺ
ʺA Lucky Manʺ
ʺTomorrowʺ

https://www.facebook.com/nightranger

Pays: US
Frontiers Music
Sortie: 2021/08/06

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