Les tops 2020 de la rédaction (part 3)

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Troisième et dernier volet de notre coup d’œil dans le rétroviseur sur 2020, une année pas si pourrie musicalement parlant. La preuve par deux Olivier…

Olivier Dahon, de Nice : toujours un peu à la bourre, mais c’est pas de sa faute, il y a tellement de choses à écouter… Signe particulier : peut faire le grand écart entre le “Weihnachtsoratorium” de Bach et Fontaines D.C..

L’année des playlists ?

2020 fut une année très particulière sur le plan musical, où toute la communauté artistique et musicophile a été profondément marquée par la quasi-absences de concerts. Pour beaucoup, l’année s’est résumée à des playlists sur des plateformes de streaming qui ont permis de se maintenir à flot sur l’actualité musicale. L’offre est devenue multiplateforme et multigenre, on passe du streaming au vinyl avec arrêt par la case YouTube. Sans compter les “Zoom discothèques” du samedi soir. Nonobstant, dans ce maelstrom de sons et d’émotions, quelques albums auront retenu mon attention :

1. ChassolLudi
Oeuvre protéiforme a voir et/ou à ecouter, à la croisée entre l’expérimental et le jazz/funk progressif, comme si Magma ressuscitait. Chassol, orfèvre génial ouvre un nouveau chapitre qui nous transporte de Tokyo jusqu’aux anneaux de Saturne, en passant par la cour de récré de sa fille, avec Herman Hesse comme ancrage littéraire. Indispensable.

2. The Flaming Lips“American Head”
Les Lèvres enflammées de Wayne Coyne et sa bande de joyeux fêlés pondent un chef d’œuvre psychédélique inattendu. Cet album est un ravissement de bout en bout. Dès sa sortie, le vinyle devient introuvable, sauf à être prêt de debourser dans les 70 EUR sur Discogs et consorts. On attend donc fermement une réédition.

3. Baxter DuryThe Night Chancers
Notre dandy crooner, “fils de” qui on sait, continue sur sa lancée avec sa voix trainante et ses atmosphères synthés glacées eighties.

4. The Avalanches“We Will Always Love You”
Les petits prodiges des années 2000 sont de retour avec un patchwork incroyablement jouissif où sont conviés plein de beau monde, dont Tricky et Alan Parsons.

5. The Strokes“The New Abnormal”
Propulsé par le single “Brooklyn Bridge to Chorus”, la formation de Julian Casablancas renoue avec la verve de ses premiers opus.

6. Andy Shauf“The Neon Skyline”
Choeurs aériens à la Beatles, mélodies accroche-cœur, difficile de résister…

7. Gregory Porter“All Rise”
Encore une fois, il faudra avoir les esgourdes bouchées (les siennes sont bandées) pour ne pas succomber à ces torrents de violons et cette voix divine. La bande originale idéale de votre réveillon confiné en tête-à-tête avec votre tendre et cher/chère…

8. Andrea Laszlo de Simone“Immensità”
Parce que toute la musique que j’aime n’est pas qu’anglophone et que je me suis mis à l’italien sérieusement cette année, ce cousin transalpin inconnu au bataillon pond un petit chef d’œuvre, qui rappelle Lucio Dalla et consorts. A ne pas confondre avec l’autre cousin Albin outre Quiévrain…

9. Kurt Vile“Speed, Sound, Lonely KV” (EP)
Avec son folk mélodieux court, simple et efficace, Kurt Vile fait mouche. Essayer c’est l’adopter…

10. Tame Impala“The Slow Rush”
Les Australiens ont toujours le vent en poupe avec un savant mélange de dancefloor et de psychédélisme, un tantinet répétitif…

Et enfin, pour clôturer : Olivier Wouters, spécialiste indie à qui les salles de concert manquent atrocement. Du coup, il a mis à profit les confinements pour se plonger dans les sorties discographiques de l’année. Un grand cru, assurément…

Albums

1. Fontaines D.C.“A Hero’s Death”
Tout comme l’an dernier, ce sont les irlandais de Fontaines D.C. qui décrochent la timbale avec un deuxième album qui a confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. Plus introspectif et moins tapageur que “Dogrel”, certes, mais tout aussi captivant et addictif.

2. Working Men’s Club“Working Men’s Club”
La bonne surprise de cette fin d’année que ce premier album d’un groupe originaire du nord de l’Angleterre emmené par Syd Minsky-Sargent, un gamin de 19 ans qui a réussi à digérer les influences de la (large) discothèque de ses parents. De New Order à Kasabian en passant les Stone Roses et Gang Of Four. De la bombe…

3. Jarv Is…“Beyond The Pale”
Depuis 2017 et son album avec Chilly Gonzales, Jarvis Cocker s’était fait relativement discret. Il revient avec un nouveau groupe dont font notamment partie la harpiste Serafina Sfeer, Jason Buckle (The All Seeing I) et Adam Betts (Three Trapped Tigers). Le résultat, orchestralement somptueux, se rapproche des meilleurs moments de Pulp.

4. Bambara“Stray”
On avait découvert ces New Yorkais au Muziekodroom de Hasselt lors d’une soirée “Autumn Falls” en 2018 en support de l’excellent (mais assez brouillon) “Shadow On Everything”, leur troisième album. Avec “Stray”, ils atteignent un summum de tension glaciale adoucie par des mélodies imparables.

5. Other LivesFor Their Love
Jesse Tabish et ses compères ont enregistré l’album parfait pour l’année Covid. Sobre et majestueux, il nous réconcilie avec le groupe qui avait publié l’excellent “Tamer Animals” en 2011.

6. Baxter DuryThe Night Chancers
“Un voyage dans l’obscurité paradoxalement illuminé par des influences allant de la pop au disco en passant par le hip hop, mais aussi via une orchestration délicate confiée à des musiciens classiques hors pair.”

7. HMLTD“West Of Eden”
Les frappadingues Londoniens ont mis du temps à sortir leur premier album (ils se sont formés en 2015 et on les avait croisés dans un festival à Nîmes deux ans plus tard). Aussi insaisissables qu’explosives, leurs compositions traduisent à la perfection l’hyperactivité de leurs esprits déjantés.

8. Idles“Ultra Mono”
Avec leur troisième album et sans la moindre concession, Joe Talbot et ses acolytes ont atteint la première place des charts anglais. Une performance à la hauteur de leur humilité car derrière les hurlements et les murs de guitare se cachent des musiciens au grand cœur…

9. I Like Trains“Kompromat”
Mis à part “A Divorce Before Marriage” pour illustrer un film consacré au groupe en 2016, “Kompromat” est le premier album des natifs de Leeds depuis 2012. Toujours aussi sombre sans pour autant tomber dans la dépression grâce à une rythmique soutenue et enlevée parsemée d’influences électroniques. Le retour gagnant de l’année.

10. Morrissey“I Am Not A Dog On A Chain”
Morrissey le personnage public peut irriter à raison. Mais Morrissey le compositeur, lui, est toujours au sommet de son art. La preuve avec ce treizième album solo qui ne s’adressait pas seulement aux convaincus.

Albums belges

1. Annabel LeeLet The Kid Go
“Avec “Let The Kid Go”, Annabel Lee coche les cases d’un futur classique et rentre avec conviction dans la cour des grands.”

2. Alaska Gold Rush“Camouflage”
Six ans après avoir remporté le Concours Circuit, la ruée vers l’or du duo bruxellois porte enfin ses fruits. “Camouflage”, c’est le chef d’œuvre folk-americana made in Belgium qui a illustré notre premier confinement.

3. Flying Horseman“Mothership”
Le groupe articulé autour du prodige Bert Dockx poursuit sa lignée d’albums impeccables. “Mothership” atteint ainsi aisément le niveau de “Twist” ou de “Night Is Long”, des références dans sa déjà riche discographie.

4. Glass Museum“Reykjavik”
En 2020, le claviériste Antoine Flipo et le batteur Martin Grégoire sont passés à la vitesse supérieure. “Reykjavik”, leur premier album (après le EP “Deux” sorti en 2018) tient plus que ses promesses et insuffle une cure de jouvence à une scène jazz de plus en plus émancipée. Si la pandémie ne leur avait pas joué un vilain tour, leur étoile internationale brillerait encore davantage aujourd’hui.

5. Diego PhilipsTides
“Le tout simplement parfait “Where Did You Go?” lui permet d’atteindre un moment de grâce. Une intro délicate, une voix délicieusement fébrile, un sentiment de plénitude puis une explosion subite doublée de chœurs soutenus permettant d’apprécier à sa juste valeur un retour tout aussi soudain vers un calme relatif.”

6. Cabane“Grande Est La Maison”
Minutieusement composé par Thomas Jean Henri, le premier album de Cabane brille par sa délicatesse empreinte de mélancolie. Par les arrangements lumineux de Sean O’Hagan (High Llamas) tout d’abord, la voix de ses invités prestigieux ensuite : Will Oldham aka Bonnie ‘Prince’ Billy et Kate Stables (This Is The Kit). Un des rares albums belges à avoir été chroniqué dans le mensuel britannique Uncut cette année, récoltant au passage un 8/10 plus que mérité.

7. River Into Lake“Let The Beast Out”
En rebaptisant son projet (V.O. était au frigo depuis 8 ans), Boris Gronemberger a fait plus que de s’afficher sous une nouvelle identité. Il a par la même occasion revu ses ambitions à la hausse en composant ce “Let The Beast Out” d’une richesse inouïe mais aussi, dans la fouée, “The Crossing”, un EP du même acabit.

8. The K.“Amputate Corporate Art”
Ornée de l’unique pièce vestimentaire portée par Seb Von Landau sur scène, la pochette du troisième album des furieux Liégeois ne laisse en rien présager de son contenu. Bien plus accessible qu’on ne le pense, ils s’approchent même de la pop song noisy parfaite via “The Future Is Bright.

9. The WRS“The WRS”
On le tient enfin, ce groupe psyché made in Belgium. Publié chez Rockerill Records, cet album éponyme renferme une fougue et une spontanéité presque candides via des compositions interprétées avec conviction.

10. ENDZ“Harmed”
Trois ans après “Shake”, le deuxième album du projet de Fab Detry et de Loïc Bodson est arrivé juste avant le premier confinement et ses envolées pop d’une légèreté guillerette ne laissaient en rien présager la suite de l’année. On aurait préféré entendre l’excellent “Ashamed” sur les ondes plutôt que les conférences de presse de Sophie Wilmès.

Concerts

1. HMLTD (Bota Rotonde – 25.02)

2. Arno (AB – 25.01)

3. River Into Lake + String Quartet (Bota Orangerie – 04.10)

4. The Murder Capital (Bota Orangerie – 11.02)

5. Jessica93 (Bota Rotonde – 10.03)

6. Sleater-Kinney – (Bota Orangerie -21.02)

7. Supergrass (AB – 05.02)

8. Ash (Bota Rotonde – 22.02)

9. Jawhar (Bota Orangerie – 05.10)

10. MNNQNS (Bota Witloof Bar – 14.02)

Ainsi s’achève notre round-up de l’année 2020. Nous avons désormais les yeux tournés vers l’avenir. Pour autant que celui-ci soit clément avec la culture et nous permettre de réinvestir les salles de concerts le plus rapidement possible. Dans l’intervalle, prenez soin de vous…

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